1983-2009
Génocide des Tamouls au Sri Lanka
Du pogrom de juillet 1983 au massacre de Mullivaikkal en mai 2009, l'État sri-lankais mène une destruction systématique du peuple tamoul : pogroms d'État, déplacements forcés, bombardements de zones dites « sans tir », disparitions et exécutions de masse. Cette chronologie retrace les grandes phases d'un génocide qui a fait des dizaines de milliers de morts civils tamouls et provoqué l'un des plus grands exodes de l'histoire récente du sous-continent.
- Décès
Début du génocide
Sri Lanka
Après le Juillet noir, l'État sri-lankais organise ou tolère l'élimination physique des Tamouls dans le Sud : massacres, incendies de foyers, pillages. Des milliers fuient vers le Nord et l'étranger. L'armée lance des opérations visant les populations tamouls ; le projet de destruction du peuple tamoul en tant que groupe entre dans une phase ouverte et prolongée.
Immeubles calcinés dans un quartier tamoul de Colombo après les pogroms du Juillet noir 1983. - Engagement
Pourparlers de Thimphu
Thimphu, Bhoutan
Le gouvernement sri-lankais et des délégations tamouls se rencontrent à Thimphu (Bhoutan) sous médiation indienne. Les discussions sur l'autonomie régionale échouent ; pendant ce temps, les opérations militaires et les violations contre les civils tamouls se poursuivent dans le Nord et l'Est.
Portrait d’Anton Balasingham, stratège politique de la LTTE, en buste, fond neutre. - Engagement
Accords indo-sri-lankais
Colombo
Rajiv Gandhi et J. R. Jayewardene signent l’accord indo-sri-lankais : fusion des provinces du Nord et de l’Est (sous réserve de référendum), conseils provinciaux et déploiement de l’IPKF. La LTTE, consultée tardivement, rejette l’accord. Les civils tamouls restent exposés aux violences malgré les garanties diplomatiques affichées.
Rajiv Gandhi et J. R. Jayewardene échangent le document des accords indo-sri-lankais, 29 juillet 1987 - Action
Guerre LTTE-IPKF (opération Pawan)
Nord et Est du Sri Lanka
Après le débarquement de l’IPKF fin juillet 1987, les combats s’intensifient à l’automne (opération Pawan sur Jaffna). La LTTE résiste au désarmement ; des civils tamouls sont tués, déplacés ou pris entre les fronts, sans protection effective.
Soldats de l’IPKF en patrouille au Sri Lanka, 1987 - Action
Retrait de l'IPKF
Sri Lanka
L'Inde retire ses troupes après plus de deux ans de combats. L'armée sri-lankaise reprend immédiatement les opérations offensives contre les zones tamouls. Des massacres de civils sont documentés ; l'expulsion des Musulmans du Nord par la LTTE s'ajoute au désastre humanitaire.
Rajiv Gandhi et J. R. Jayewardene signent les accords indo-sri-lankais à Colombo, 29 juillet 1987 - Décès
Assassinat de Rajiv Gandhi
Sriperumbudur, Inde
L'ancien premier ministre indien Rajiv Gandhi est tué par une attentatrice suicide de la LTTE au Tamil Nadu. L'attentat isole diplomatiquement la LTTE, mais ne suspend pas les opérations militaires sri-lankaises ni les atteintes continues portées aux populations tamouls civiles.
Rajiv Gandhi en briefing avec des officiers militaires indiens — contexte du déploiement IPKF, 1987 - Exil
Déplacement massif de Jaffna
Jaffna
L'opération Riviresa permet à l'armée de reprendre Jaffna après des mois de bombardements. Des centaines de milliers de civils tamouls fuient vers le Wanni, privés de leurs foyers et de leurs terres. La capitale culturelle tamoul est vidée de sa population.
Façade indo-saracène de la bibliothèque publique de Jaffna, Esplanade Road. - Engagement
Accord de cessez-le-feu
Sri Lanka (médiation norvégienne)
Sous médiation norvégienne, le gouvernement et la LTTE signent un cessez-le-feu (CFA) le 22 février 2002. Les combats diminuent brièvement, mais les structures discriminatoires de l’État demeurent ; les Tamouls déplacés ne peuvent toujours pas rentrer chez eux en sécurité.
Anton Balasingham et Erik Solheim lors des pourparlers de paix de 2002, dans le cadre du processus norvégien. - Action
Élection de Mahinda Rajapaksa
Colombo
Mahinda Rajapaksa est élu président sur une plateforme nationaliste promettant l'élimination militaire de la question tamoul. Les budgets militaires explosent ; le gouvernement prépare une offensive finale visant à détruire toute présence tamoul organisée dans le Nord et l'Est.
Portrait de Mahinda Rajapaksa, président du Sri Lanka - Action
Reprise de l'offensive génocidaire
Est et Wanni
Le conflit autour du barrage de Mavil Aru marque la fin du cessez-le-feu. L'armée lance une offensive à grande échelle : les civils tamouls sont confinés de plus en plus étroitement dans des zones de combat, privés d'aide humanitaire et soumis aux bombardements.
Portrait de Velupillai Prabhakaran en interview - Action
Chute de Kilinochchi
Kilinochchi
Les forces gouvernementales s'emparent de Kilinochchi. Des dizaines de milliers de civils tamouls sont poussés vers une étroite bande côtière, sans issue. L'ONU et les organisations humanitaires alertent sur le risque de catastrophe ; les frappes sur les zones de refuge se poursuivent.
Rivage de Mullaitivu / Puthumathalan, Nord-Est du Sri Lanka, zone de l’offensive finale. - Décès
Massacre de Mullivaikkal
Mullivaikkal, Mullaitivu
L’armée sri-lankaise annonce la « victoire » après avoir écrasé la dernière poche de résistance à Mullivaikkal. Le Panel d’experts de l’ONU (2011) documente des dizaines de milliers de morts civils dans les derniers mois - chiffre souvent cité jusqu’à ~40 000. Hôpitaux bombardés, zones « sans tir » violées, exécutions de prisonniers : le génocide atteint son point culminant. Aucun responsable n’a été traduit en justice.
Commémoration du 18 mai, jour du souvenir de Mullivaikkal, par la diaspora tamoul.