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Portrait de Thileepan, lunettes et chemise à carreaux.

Rasaiah Parthipan

இராசையா பார்த்திபன்

Mort le 26 septembre 1987 au terme d'une grève de la faim, sans boire ni manger, devant le temple de Nallur, pour exiger que l'Inde tienne les engagements de l'accord de juillet.

Responsable politique des LTTE pour la péninsule de Jaffna

  • 29 novembre 1963 – 26 septembre 1987
  • Urelu, près d'Urumpirai, district de Jaffna – Jaffna, Sri Lanka
  • Décédé·e
  • LTTE — aile politique, péninsule de Jaffna

Également connu sous Thileepan, திலீபன்

Cette fiche situe Thileepan (Rasaiah Parthipan, 1963-1987) dans les semaines qui suivent les accords indo-sri-lankais du 29 juillet 1987. Elle s'appuie sur la presse du 27 septembre 1987 et sur le mémoire du haut-commissaire indien J. N. Dixit, pas sur les notices commémoratives. Le grade de lieutenant-colonel et le titre de « lumière du sacrifice » appartiennent à l'usage mémoriel ultérieur : la presse de l'époque le présente comme le responsable de l'aile politique des LTTE à Jaffna.

Origines

Les notices biographiques tamoules situent la naissance de Rasaiah Parthipan le 29 novembre 1963 à Urelu, près d'Urumpirai, dans le district de Jaffna, et ses études au Jaffna Hindu College. Le Los Angeles Times du 27 septembre 1987 indique qu'il avait 23 ans au moment de sa mort, ce qui correspond à cette année de naissance. Une partie de la presse commémorative indique 1964 : cet écart n'est pas retenu.

Il prend le nom de guerre Thileepan au sein des LTTE. En septembre 1987, les journaux américains le décrivent comme le chef de l'aile politique de l'organisation pour Jaffna. Le New York Times et le Los Angeles Times le nomment à tort « Amirthalingam Thileepan », en le confondant avec le dirigeant du TULF A. Amirthalingam.

La grève de la faim

L'accord, puis la lettre

Le 29 juillet 1987, J. R. Jayewardene et Rajiv Gandhi signent les accords indo-sri-lankais. L'Inde déploie la Force de maintien de la paix indienne (IPKF) dans le Nord et l'Est. Pour une partie des LTTE, New Delhi ne tient pas les assurances données aux Tamouls.

Le 13 septembre 1987, les LTTE remettent au haut-commissariat indien une liste de demandes. Elles portent, dans les comptes rendus recoupés, sur la libération des personnes détenues au titre de la loi anti-terroriste, l'arrêt de l'installation de familles cinghalaises dans les régions tamoules au nom de la « réhabilitation », le gel de cette réhabilitation tant qu'une administration intérimaire n'existe pas, l'arrêt de nouveaux postes de police dans le Nord et l'Est, le retrait de l'armée et de la police des écoles, et le désarmement des Home Guards. Les demandes s'adressent à l'Inde, jugée seule capable de faire plier Colombo. Aucun engagement public n'est donné dans le délai fixé.

Quinze jours devant le temple

Le 15 septembre 1987, Thileepan commence un jeûne sans nourriture ni eau devant le temple de Nallur Kandaswamy, au cœur de Jaffna. Des habitants de la péninsule viennent sur place. Il parle dans les premiers jours ; ses interventions sont relayées par Nidharshanam, la télévision des LTTE. Le texte de ces discours n'est pas repris ici : aucune transcription indépendante n'a été vérifiée.

Le 22 septembre, J. N. Dixit arrive à l'aéroport de Palaly. Velupillai Prabhakaran lui demande d'aller voir Thileepan. Dixit écrit plus tard qu'il était prêt à s'y rendre seulement s'il obtenait l'assurance que le jeûne cesserait. Prabhakaran ne peut pas la donner. Dixit refuse, de peur qu'une visite sans résultat n'humilie le gouvernement indien devant la foule.

J'ai dit à Prabhakaran que, sans l'assurance que Thileepan interromprait son jeûne, je n'étais pas disposé à faire une démarche vaine.

J. N. Dixit Assignment Colombo (1998) — mémoire du haut-commissaire indien ; traduction de la rédaction

Le 26 septembre 1987, Thileepan meurt. Le New York Times écrit qu'il est tombé dans le coma et qu'il est mort pendant que des diplomates indiens parlaient encore avec les dirigeants des LTTE à Jaffna. Le Los Angeles Times compte douze jours sans boire ni manger — le décompte inclusif du 15 au 26 septembre. Des récits plus tardifs parlent de onze jours : c'est le même intervalle, compté autrement.

Ce que la presse décrit le lendemain

Le 27 septembre, les deux journaux rapportent des manifestations à Jaffna : foules dans les rues, bus brûlés, commerces fermés, slogans contre le gouvernement. Le New York Times relie la mort à la contestation de la manière dont l'accord est appliqué, et au sentiment que les signataires n'ont pas protégé les intérêts tamouls comme ils l'avaient laissé entendre.

Deux autres membres de l'organisation auraient repris le jeûne aussitôt, selon le Los Angeles Times. Ce relais n'est pas développé ici : les dépêches n'en donnent pas le nom ni la suite.

Repères chronologiques

  1. Naissance Naissance

    Jaffna

    Urelu, près d'Urumpirai — date retenue par les notices biographiques tamoules, cohérente avec l'âge de 23 ans donné par la presse en 1987.

  2. Action Accords indo-sri-lankais

    Colombo

    Signature à Colombo. Déploiement prévu de l'IPKF. Le jeûne de septembre en est une contestation.

  3. Engagement Demandes à l'Inde

    Colombo

    Les LTTE transmettent une liste de demandes au haut-commissariat indien.

  4. Action Début du jeûne

    Nallur, Jaffna

    Thileepan cesse de boire et de manger devant le temple de Nallur Kandaswamy.

  5. Engagement Dixit à Palaly

    Palaly

    Le haut-commissaire rencontre Prabhakaran et refuse d'aller à Nallur sans garantie.

  6. Décès Mort

    Jaffna

    Thileepan meurt à Jaffna. Manifestations le lendemain.

Place dans le conflit

Thileepan n'est pas un dirigeant de plusieurs décennies. Son importance tient à un basculement de quelques semaines. L'accord de juillet devait ouvrir une pause sous garantie indienne. Le jeûne de septembre montre que les LTTE de Jaffna estiment déjà cette garantie vide. Dixit, dans son mémoire, juge la mort évitable et en attribue la responsabilité à la direction des Tigres. Anton Balasingham, négociateur des LTTE, raconte la même entrevue de Palaly comme un refus indien d'honorer des engagements. Les deux textes sont des mémoires de partie : ils s'éclairent l'un l'autre, aucun ne suffit seul.

La mort précède de peu la guerre ouverte entre les LTTE et l'IPKF. Elle ne l'explique pas à elle seule. Elle en est un des signes publics les plus nets : une protestation sans arme, adressée à New Delhi, dans l'enceinte visible de Nallur.

En bref

  • Fait central

    Grève de la faim, sans boire ni manger, du 15 au 26 septembre 1987, devant le temple de Nallur, pour que l'Inde fasse appliquer des demandes liées à l'accord de juillet.

  • Fonction

    Responsable de l'aile politique des LTTE pour la péninsule de Jaffna — pas le titre de lieutenant-colonel, qui est un usage plus tardif.

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  • Lieu

    Nallur Kandaswamy, Jaffna. L'entrevue manquée se joue à Palaly.

  • À ne pas confondre

    La presse américaine de 1987 l'appelle « Amirthalingam Thileepan ». C'est une erreur : Amirthalingam est le dirigeant du TULF.

Réseau et relations

Lieux de cet article

Lieux associés à Thileepan

Jaffna, septembre 1987

Monument
Temple de Nallur Kandaswamy

Lieu du jeûne, du 15 au 26 septembre 1987.

Ville
Jaffna

Péninsule dont Thileepan est alors le responsable politique des LTTE. Manifestations le 27 septembre.

Monument
Palaly

Aéroport où Dixit rencontre Prabhakaran et refuse d'aller à Nallur sans garantie.

Ville
Urelu

Village natal indiqué par les notices biographiques, près d'Urumpirai.

Postérité

Dans la mémoire tamoule, Thileepan est souvent appelé thiyaga deepam, la lumière du sacrifice. Des commémorations ont lieu chaque septembre, à Jaffna et dans la diaspora, fréquemment sous surveillance policière dans le Nord. Une statue élevée près du temple de Nallur a été détruite puis reconstruite au fil des décennies ; le détail de ces destructions repose surtout sur la presse tamoule militante et n'est pas développé ici.

Le geste est parfois rapproché du satyagraha de Chelvanayakam. La comparaison s'arrête vite : Chelvanayakam jeûnait dans un cadre parlementaire, face à Colombo. Thileepan jeûne comme cadre des LTTE, face à l'Inde, quelques semaines après un accord que son organisation n'a pas signé.

Débats

Deux lectures coexistent, et les sources le montrent :

  • Côté indien (Dixit) : un jeûne décidé par les LTTE, sans motif assez solide au regard de l'accord, et une mort que Prabhakaran aurait pu arrêter en garantissant une issue.
  • Côté LTTE (Balasingham) : un jeune responsable politique mort parce que New Delhi a refusé de confirmer des engagements déjà pris.

La fiche ne tranche pas. Elle retient ce que les deux récits partagent : la date, le lieu, le refus de la visite, la mort le 26 septembre, et les manifestations du lendemain.

Conclusion

Thileepan meurt à 23 ans, sans avoir dirigé les LTTE ni signé l'accord. Sa grève de la faim à Nallur reste l'un des derniers gestes publics et non armés de l'organisation avant la guerre contre l'IPKF. Le lire à côté des accords de 1987 évite d'en faire une légende séparée du calendrier.