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Monument du génocide tamoul à Brampton, Ontario : mains de bronze tenant une carte de l’île en verre, plaque trilingue et gerbes de fleurs

Pourquoi parle-t-on de génocide des Tamouls ?

Parce que les faits - pogroms d’État, destruction culturelle, bombardements de civils enfermés, disparitions - correspondent à la définition de 1948 : l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national ou ethnique. Colombo parle de « guerre contre le terrorisme » ; le Canada a reconnu un génocide ; l’ONU a documenté des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité sans trancher le mot.

À retenir

  • La Convention de 1948 définit le génocide par l’intention de détruire un groupe, pas seulement par un chiffre de morts.
  • Les faits invoqués vont de 1956 (Sinhala Only, pogroms) à 2009 (Mullivaikkal) : ce n’est pas un seul massacre.
  • Le Tribunal Permanent des Peuples (Brême, 2013) et le Parlement canadien (2022) emploient le terme ; Colombo et une partie des chancelleries le refusent.
  • L’enquête OISL (2015) conclut à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité - une qualification pénale distincte, pas un démenti des faits.

Ce que dit le droit

L’article II de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide vise le meurtre de membres du groupe, l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale, la soumission à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique, les mesures visant à entraver les naissances, le transfert forcé d’enfants. L’intention (dolus specialis) est l’élément le plus débattu.

Parler de génocide n’interdit pas de documenter aussi les crimes de la LTTE. Les deux lectures ne s’annulent pas : un groupe peut commettre des crimes de guerre tout en étant la cible d’une politique d’anéantissement.

Les faits que ce site retient

Juillet noir 1983 : pogrome organisé avec listes électorales, milliers de morts, incendie de la bibliothèque de Jaffna déjà commis en 1981. Puis les massacres de l’Est, les bombardements de zones dites sans tir en 2009, l’internement de près de 300 000 civils, les milliers de redditions jamais revues. Le Panel d’experts de l’ONU (2011) retient jusqu’à 40 000 morts civils pour les derniers mois.

Ce n’est pas une métaphore. C’est une chaîne d’actes contre les Tamouls en tant que Tamouls, pas seulement contre un mouvement armé.

Qui emploie le mot, qui le refuse

Le 18 mai 2022, la Chambre des communes du Canada adopte à l’unanimité une motion reconnaissant le génocide des Tamouls. L’Ontario a une Semaine d’éducation depuis 2021. Un monument trilingue se dresse à Brampton. Colombo proteste. L’OISL parle de crimes de guerre. Ce site emploie génocide parce que c’est le mot qui rend compte de l’intention et de la durée, tout en citant les qualifications onusiennes quand il s’agit des rapports eux-mêmes.